Iran : De Grands Cimetières sous le Croissant de Lune

anniversaire de la révolution islamique Iranienne, un peu partout on salue le fait historique. A mots couverts, c’est la durée qui consacre la légitimité de la dictature, de celle-ci comme de n’importe quelle autre. Khomeiny, un homme qui a changé le monde constate un documentaire télévisé, un régime qui dure !

Le monde d’ailleurs retient son souffle dans l’attente du dialogue que l’administration Obama s’apprête à engager avec le gouvernement Iranien.

En Iran, où la répression est actuellement assez intense, des élections sont prévues dont les candidats ont été filtrés par les ayatollahs. Là où certains voient l’esquisse d’une démocratisation ou une forme de démocratie alternative, il n’y a que l’équilibre précaire d’un régime totalitaire. Comme toute les dictatures, la République Islamique passe par des phases où elle a besoin d’une apparence de légitimité. Un équilibre entre légitimité et répression.

Dans ce jeu d’ombres et lumières où mollahs et diplomates braquent leurs faisceaux sur les élections, les négociations éventuelles sur le nucléaire et le rôle « majeur », bien sûr majeur, de l’Iran sur la scène régionale, il y a aussi les ombres qui échappent à l’ éclairage médiatique et diplomatique.

Des ombres en effet ; on ne saurait mieux dire pour évoquer les spectres des milliers de victimes de la répression, dirigée par l’Ayatollah qui a “changé le monde”.

Nir Boms et Shayan Arya, cyberdissident et opposants iraniens veulent au contraire mettre en lumière le double crime qui consiste aujourd’hui à effacer jusqu’aux traces des cimetières.

Une tragédie contemporaine et orientale qui illustre dans leur macabre ressemblance les régimes dictatoriaux, nazi, Islamistes, ou franquiste. George Bernanos, l’auteur des “Grands Cimetières sous la Lune”, chroniqueur en son temps des sépultures de la guerre d’Espagne, Amnesty International a appelé le gouvernement Iranien à cesser la destruction des tombes à Khavaran et à faire la lumière sur les massacres qui s’y sont produit. Mais une enquête afin d’amener en justice les responsables a peu de chance de se produire. Il n’y a aucun haut dignitaire du régime qui n’ait pas été impliqué directement dans ce massacre.

Depuis le guide suprême qui était alors le Président, jusqu’aux soi-disant réformateurs comme Saeed Hajarrian, aujourd’hui conseiller politique du Président Khatami, qui était alors haut placé dans les services de sécurité. Khatami est resté silencieux et n’a jamais admis l’existence des massacres, sans parler même de conduire les responsables en justice.

Cependant certains en Iran ont accepté de prendre la parole. Ainsi le Grand Ayatollah Ali Montazeri qui fut le dauphin de Khomeiny et a été écarté du pouvoir en partie du fait de son opposition à cette fatwa sanglante.

L’Ayatollah Hussein Kazemayni Boroujerdi, (ci-contre) qui est actuellement détenu pour avoir appelé ouvertement à la séparation de la religion et de l’Etat, a fait passer un communiqué depuis sa prison:

« Combien il est triste de regarder la célébration officielle et la fierté que les médias contrôlés par le gouvernement montrent à l’occasion de l’anniversaire de la révolution Islamique, alors que toute une nation se noie dans un océan de misère, que les prisons débordent d’innocents et que les régimes est occupé à construire toujours plus de geôles ».

Les familles des victimes du massacre, sous le choc d’apprendre que les tombes de leurs proches sont retournées, s’identifient aisément avec l’Ayatollah dissident.

Lors de son adresse inaugurale, le Président Obama a dit, « A ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption, le mensonge et la répression des dissidents, sachez que vous êtes du mauvais côté de l’Histoire, mais que nous sommes prêts à tendre la main si de votre côté, vous êtes prêts à desserrer votre poigne »

Il est clair que le Président avait l’Iran à l’esprit en faisant cette remarque.

L’Iran a toujours des secrets et des caves à ouvrir. Les laboratoires nucléaires souterrains cachent peut-être un secret, mais les fosses communes de Khavaran en dissimulent bien d’autres.

Le Président Obama, qui est sur le point d’engager un dialogue avec la république Islamique, devrait insister pour que tous ces secrets soient dévoilés. Il devrait le faire non seulement pour la mémoire des victimes, mais aussi afin de garantir un futur meilleur. »

Obama est-il un naïf ? Ou bien poursuit il un objectif de Liberté par d’autres méthodes ? Seul le résultat comptera.

l’aurait aisément identifiée.

En attendant la tentative d’effacer les traces des massacres et des fosses de Khavaran rappelle étrangement le camp d’extermination nazi de Sobibor (ci-dessous). Fermé après la révolte des détenus, le 14 octobre 1943, les SS essayèrent de dissimuler les traces de leurs crimes. Entre autres ils construisirent une ferme d’aspect anodin et plantèrent de nombreux arbres sur l’ancien terrain du camp d’extermination.

Sobibor aujourd’hui

D’autres charniers sont périodiquement découverts, ainsi l’an dernier en Ukraine, une fosse contenant les restes de 5000 Juifs était exhumée.

Décidément entre les divagations dangereuses d’Ahmadinedjad, niant la Shoah et promettant d’effacer Israël de la carte et les besogneux bulldozers de Khavaran, l’obsession génocidaire, l’acharnement totalitaire et la peur du jugement de l’Histoire, le régime Iranien a de qui tenir.

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